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2 mars 2013

Extrait de mon roman LES AMANTS DU CREPUSCULE – ROSE – Prologue

Classé sous R.J. Carré-Lapresad,VAMPIRES — carrelapresad @ 0 h 23 min

Dans mon demi-sommeil, les orbites roulant sous mes paupières endormies, j’étais mal à l’aise, frémissante sur ma couche humide. Du bruit autour de moi, comme des petits craquements ! Où étais-je ? Je frémis, les paupières froncées sous l’effet des rayons du soleil levant qui venaient me caresser le visage.

J’ouvris les yeux : que faisais-je là ?!

Je me trouvais dans le bosquet, allongée sur le lichen humide de rosée, des feuilles dans les cheveux, mes jupes tâchées de boue… Encore dans la pénombre, je m’assis et me penchais pour tirer mes jupes vers moi et épousseter cette terre séchée. Je m’acharnais, mais les traces humides ne sortiraient qu’après un lavage prolongé dans l’eau savonneuse. Les ombres squelettiques des arbres alentours semblaient se mouvoir autour de moi. Elles dansaient, rétrécissaient pour laisser apparaitre, derrière elles, le tapis mordoré dans feuilles mortes. Je regardais mes pieds nus couverts de boue… Une ombre s’effilocha, s’écartant devant un rayon de soleil qui vint éclairer mes pieds… Incrédule, j’essuyais frénétiquement ma peau maculée de cette étrange substance rouge et visqueuse, qui commençait à sécher, virant au noir : DU SANG !

Mes jupes en étaient également imprégnées.

Je me levai, une main au sol pour me soulever qui roula sous quelque chose de tiède et mou. Près de moi, un cadavre ! Je me redressais, titubant, chancelante sur mes jambes fiévreuses… je cours, hystérique, mes mâchoires claquent, je suis perdue… J’arrive devant la maison, j’entre, Marguerite est là, j’ai du mal à articuler…

Marguerite me dit qu’elle m’a vu dans le bosquet… je ne comprends pas ? ! ou j’ai peur de comprendre !!!

 

J’AVAIS TUE…

 

Marguerite me prit les mains et secoua la tête. Je ne comprenais pas, tant d’images dans mon cerveau se mélangeaient que même le bruit de mes mots bourdonnaient dans ma tête sans pour cela formaient des phrases cohérentes ! Tout se mit à tourner dans un vacarme incessant, à tel point que mon crâne allait exploser.

J’étais paniquée, mon cœur s’emballait, mes idées également ; mes yeux allaient et venaient de l’escalier à Marguerite, je sentais mes mâchoires claquaient sans que j’en sois consciente, j’avais froid !

Marguerite posa un doigt sur ma bouche, m’imposant le silence et, par la même occasion, arrêtant le claquement de mes mâchoires, pour m’encrer à nouveau dans la réalité. Autour de nous, tout était calme, il était encore tôt et personne n’était debout à cette heure matinale.

Marguerite m’emmena dans l’arrière-cuisine, me fit me déshabiller, je m’exécutais, pantin entre les mains de ma gouvernante, comme pour ne plus avoir à penser.

Elle monta avec moi dans sa chambre, fouilla dans une vieille malle et en sortit une petite boite, qu’elle me tendit. je la pris d’une main tremblante, ne sachant pas ce qu’elle contenait – voulais-je vraiment le savoir ? J’ouvris la boite, défis le linge en coton jauni et découvris un livre, dont je caressais la couverture de cuir écornée qui semblait vieille de plusieurs années.

Je regardais Marguerite mais n’obtint rien d’elle, par un mot, pas un signe. Alors, je feuilletais rapidement le livre aux pages cornées, usées par une main à l’écriture changeante. Au fil des pages, je me rendis compte qu’elles étaient noircies non pas par une seule et unique écriture mais par une dizaine d’écritures aux traits différents, trahissant diverses époques et langues.

J’avais entre les mains le journal de femmes qui se le transmettaient de génération en génération. Moi qui était réfractaire à ce genre de journal intime, voilà que je détenais les mémoires, les voix de mes ancêtres, toutes aussi diverses que sublimes ; j’eus un pincement au cœur. Les mains de ma mère avait touché cette couverture burinée, caressait ces pages jaunies…

Je survolais ces lignes noircies par des mains étrangères et auxquelles je n’entendais rien et m’attardais sur la dernière écriture griffonnée, comme précipitamment, sur les pages.

Après une lecture rapide, je frémis.

Ma grand-mère avait-elle donc raison quant à l’apparente fragilité mentale de ma mère ? J’en venais maintenant à craindre pour la mienne, et les éléments d’aujourd’hui l’attestaient. Je ne voyais que trop les similitudes flagrantes dépeintes par ma mère et ce que je vivais actuellement. De toute évidence, ma santé mentale déclinait, mais à la lumière d’une seconde lecture, étayer par les récits de mes aïeules, je n’étais pas folle… ni meurtrière ! car tout au long de ces décennies, une même image, un même nom revenait : Lilith !

 

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