Imagine ère

28 août 2013

Chapitre 2 – dernière partie

Classé sous R.J. Carré-Lapresad,ROMANS — carrelapresad @ 10 h 58 min

Aussitôt que nous eûmes quittées l’amphithéâtre, nous nous précipitâmes vers le panneau d’affichage. Les stages pratiques débutaient en fin de semaine. Nous étions pressées de savoir si notre demande avait été validée et quel était le sujet que l’on nous avait proposé de traiter durant ce stage.

Je scrutai le tableau et suivis des yeux la ligne où apparaissait mon nom. Le sujet que je devais rendre après mon stage : ‘MIDI ou MINUIT, montrer l’activité d’un lieu en quelques clichés’. J’étais ravie… J’avais déjà le lieu et l’heure… Je souris à Pauline qui me rétorqua :

« Pourquoi as-tu choisi un journal papier ? Tu sais qu’ils sont tous au bord du gouffre. Les gens ne lisent plus les journaux comme avant, tout se fait sur internet, ma belle !

-Je ne crois pas ! Avec les évènements de ces derniers jours, je pense plutôt que les journaux papiers se vendent bien… Et puis, ils ont un journal virtuel également. De toute façon, j’y retrouve une amie… C’est elle qui m’a proposée de m’accueillir comme stagiaire, je ne pouvais pas refuser ! »

Chapitre 2 – 3ème partie

Classé sous R.J. Carré-Lapresad,ROMANS,SORCIERES — carrelapresad @ 10 h 51 min

Ce fut lors d’une autre séance de ce genre que Fanny prit peur, se découvrant de véritables facultés. Elle prit alors conscience que tout cela n’était pas un jeu !

Durant cette séance de spiritisme, le temps était électrique. L’orage grondait dehors, créant des arcs bleutés dans un ciel noir. Elles étaient toutes assises en rond autour de la table, sur laquelle était disposée la planche, et chacune d’entre elles avaient posé un doigt sur le verre. Mais rien ne se passa comme elles en avaient l’habitude. La lumière de la petite lampe de chevet qui leur servait d’éclairage venait de sauter. Elles étaient à présent dans le noir ! Agathe alluma alors une bougie. Mais elle avait brisé le cercle purificateur et protecteur dessiné par Fanny, quelques minutes plus tôt, avant de commencer la séance. Il y eut un souffle violent à l’extérieur, celui-ci s’engouffra dans la pièce, soufflant la flamme fragile de la bougie. Puis, il y eut un cri ! Les filles s’affolèrent, cherchant à se réconforter en se regroupant l’une près de l’autre. Des gestes brusques dans ce noir absolu… et soudain un bruit cristallin se répandit dans la chambre.

            « Non ! » C’était la voix de Fanny. Elle savait, pour l’avoir lu sur le net, que le verre était la prison de l’âme qu’elles avaient appelée. Les liens qui le reliaient au monde des morts venaient d’être brisés !

Une autre voix s’éleva, désincarnée, effrayante. Quand la lumière se ralluma par intermittence. La bouche de Fanny s’était ouverte… Agathe pointa son doigt vers elle, les yeux écarquillés. Toutes se retournèrent vers Fanny. Et de sa gorge sortit un son étrange et guttural. Ce n’était plus la voix de la jeune fille ; d’ailleurs, elle ne ressemblait plus à la jeune fille que ses camarades côtoyée. Le visage torturé, la mâchoire inférieure pendante dans un angle étrange. Les hanches déboitées, rendant sa démarche aléatoire…

Les jeunes filles s’étaient toutes sauvées, laissant Fanny seule avec cet esprit.

Elle était devenue une paria, LA fille à éviter. Elle faisait désormais peur.

            Au lycée, plus personne ne lui adressait la parole. Elle se retrouvait toute seule dans la salle de classe, seule assise à la cantine face à son assiette. Ce fut à ce moment-là qu’elle devint étrange aux yeux de ses camarades : s’habillant de noir, les yeux dans le vide, à l’écart des autres, se parlant à elle-même… Enfin, c’était ce qu’ils croyaient… car ce fut l’époque où elle commença à voir certaines choses qui en auraient effrayés plus d’un… Cette brève séance de spiritisme avait ouvert une brèche… dans laquelle certaines âmes s’étaient engouffrées, pour se présenter à elle. C’est ainsi que Fanny commença à voir les morts.

            Certes, certaines jeunes âmes erraient autour des membres de leur famille, sans en avoir conscience. Fanny voyait alors des ombres bleutées flottées au-dessus des vivants.

Mais les phénomènes qu’elle avait remarqués chez Céleste étaient tout autre. Cette fille était particulière, elle ne pouvait pas l’ignorer !

 

27 août 2013

Chapitre 2 – 2ème partie

Classé sous R.J. Carré-Lapresad,ROMANS,SORCIERES — carrelapresad @ 12 h 36 min

Fanny s’empressa d’aller développer sa pellicule. Elle avait utilisé toutes sortes d’appareil dernièrement. Et toujours le même résultat ! Elle en avait déduit que cela ne pouvait pas venir de ses appareils photo, comme elle l’avait pensé, mais de son modèle.

Elle avait pris Céleste avec un argentique, plus long à développer mais c’était son préféré. Elle adorait le rendu qu’il offrait ! Et puis, le temps passé dans la chambre noire, à tremper de bacs en bacs ses clichés… c’était un moment sacré, loin de tout et de tous… Elle savait ce qu’on disait d’elle : qu’elle était bizarre.

            C’était vrai, elle se sentait différente !

            Mais Céleste semblait, à ses yeux, l’être tout autant : elle en voulait pour preuve ce halo autour de la jeune femme. Au départ, elle avait pensé qu’il s’agissait d’un défaut de sa pellicule. Elle avait donc changé d’appareil, mais sur son numérique, le même phénomène au-dessus de sa camarade, uniquement sur les clichés qu’elle prenait de Céleste ! Et au fil des mois, ce halo, d’abord tache imperceptible au-dessus de la tête, s’était transformé en voile translucide de couleur bleu autour d’elle.

Elle était fascinée !

            Fanny était attirée par la magie… les phénomènes surnaturels. C’était pour cela qu’elle avait adoré la série Charmed. Et comme toutes les jeunes filles de sa classe, elles avaient voulu essayer certains tours. C’était devenu un rendez-vous obligatoire : elles étaient, chacune devant leur téléviseur, captivées par les aventures des trois sœurs. Fanny, quant à elle, regardait la série avec attention, griffonnant sur son carnet les incantations qu’utilisaient les sorcières Halliwell. Elle les répertoriait, puis les essayait. Elle avait d’abord commencé par les sorts simples et les sortilèges de protection, pour ensuite inventer ses propres ensorcellements : elle était devenue une experte en rimes.

Puis, elle avait essayé les cartes. C’était amusant ! Lors des séances, ses amies lui posaient des questions et elle y répondait, se concentrant sur les petits cartons de couleurs, et les figures lui parlaient, des images venaient se soustraire aux cartes qui étaient devenues de simples supports à sa divination. Elle se trompait rarement. Et ses amies étaient maintenant nombreuses à vouloir connaitre leur avenir : obtiendraient-elles leur diplôme ? ce jeune homme rencontré quelques semaines plus tôt était-il fait pour Agathe ? Allaient-elles obtenir ce job tant convoité ?

            Adolescente, elles avaient tenté autre chose. Comme une étape dans leurs expériences. Elles avaient fabriqué une planche de OUI-JA dans une feuille cartonnée et, se servant d’un verre comme guide, elles y étaient allées de leurs questions. Classiques… Esprit ? es-tu là ? Auxquelles, elles eurent évidemment une réponse.

Ce fut lors d’une autre séance de ce genre que Fanny prit peur, se découvrant de véritables facultés. Elle prit alors conscience que tout cela n’était pas un jeu ! 

Chapitre 2 - 2ème partie dans R.J. Carré-Lapresad ouija_6-300x201

24 août 2013

Chapitre 2

Classé sous R.J. Carré-Lapresad,ROMANS,SORCIERES — carrelapresad @ 22 h 04 min

 

 

            Nous entrâmes dans l’amphithéâtre circulaire bordé de marches au bas desquelles se trouvait le bureau du conférencier, tout petit de là où je me trouvais. Nous nous installâmes, comme à notre habitude, sur les strapontins près de la sortie. La salle était presque vide, les étudiants entraient par groupe de trois ou quatre personnes, qui s’installaient çà et là, emplissant doucement la pièce. Le brouhaha commençait à s’amplifier à mesure que l’amphithéâtre se remplissait.

Je vis passer Alexandre. Le cours d’anglais était le seul cours magistral que nous avions en commun. J’étais en première année Photographie (j’avais dans l’idée de devenir photographe de reportage) et Alexandre en seconde année d’Arts appliqués, architecture. Je le suivis du regard et mon cœur se mit à tambouriner dans ma poitrine. Ses cheveux châtains négligemment peignés en arrière, ses yeux noisette… Il sourit et son visage s’éclaira. Mais ce sourire ne m’était pas adressé. Je tournai la tête : il rejoignit un petit groupe de sa classe parmi lequel se trouvait Elodie. Je détestais cette fille ! Elle avait certainement profité de la situation pour sauter sur Alexandre. Elle n’avait pas attendu longtemps, lui non plus d’ailleurs ! Il n’était célibataire que depuis une semaine, à peine ! Il avança vers elle, s’assit près d’elle et lui fit la bise. Bon ! tant qu’il ne l’embrassait pas sur les lèvres… Surtout pas devant moi !

            « Regarde ! » Pauline me bouscula avec un coup de coude dans les côtes. « Cette folle de Fanny nous prends encore en photo ! »

            En effet. Je voyais le zoom de son appareil braqué sur nous. Il y eut un flash puis un second. Pauline sourit à l’objectif, une main autour de ma taille m’attirant à elle. Nous étions repérées ! Fanny baissa son appareil, fit mine de rectifier son objectif, quand le professeur arriva, fermant la lourde porte sur le monde et le bruit extérieur. Le calme se fit progressivement dans l’amphithéâtre. Le cours pouvait commencer.

Chapitre 1 – 4ème partie

Classé sous R.J. Carré-Lapresad,ROMANS,SORCIERES,VAMPIRES — carrelapresad @ 22 h 02 min

 

Je passai le reste de ma journée à réviser, enfin à essayer de réviser, pour les partiels qui approchaient. Penchée sur mes cours, je parcourais les pages que j’avais noircies sans comprendre ce que je lisais. Mes pensées étaient absorbées par cet inconnu : ses biceps saillants moulés dans sa chemise couleur crème, ses cheveux bruns, ses yeux bleus profonds, ses traits parfaits, son visage aux mâchoires carrées et… cette peau de porcelaine.

Je n’en revenais pas ! J’avais gardé en mémoire tant de détails qu’en fermant les yeux je pouvais reconstituer sa silhouette. Pourtant, je ne l’avais vu que durant 5 ou 7 minutes. C’était comme si je le connaissais depuis toujours. Ses traits étaient gravés sur ma rétine.

            Je refermai mes cahiers. Décidément, je n’arriverais à rien !

Je me tournai vers Pauline : elle était en train de parfaire son bronzage. Dehors, le ciel était bleu azur, aucun nuage ne le venait perturber ; le soleil tapait fort entre les quatre murs dépourvus de verdure, que constituaient notre terrasse. Mais, j’avoue que l’atmosphère qui y régnait était attrayante. Je décidai donc de quitter mes livres et cahiers et de rejoindre Pauline sur le second transat.

 

Chapitre 1 – 3ème partie

Classé sous R.J. Carré-Lapresad,ROMANS,VAMPIRES — carrelapresad @ 12 h 01 min

 

Au réveil, l’ambiance du matin – au plutôt du midi, car la journée était déjà avancée – était morose. Pauline mit la télévision pour rendre le silence plus supportable, car elle avait décidé de faire encore la tête. Le journal de 13h00 commençait à peine : un visage apparut, souriant. Puis, le journaliste continua d’un air grave. Je m’arrêtai devant l’écran, la main en suspens devant ma bouche. Pauline se tourna vers moi.

« Que ce passe-t-il ? Tu vas bien ?

-Je… » Je me tournai vers mon amie. « Son visage ne te dis rien ? » Voyant son regard interrogateur, je poursuivis. « Hier… en boite… c’est la fille que nous avons bousculée dans les toilettes… Celle qui était dans les bras de ton italien !

-Ne me parle plus de lui… » Elle se tourna, fâchée.

« Il t’a fait quoi pour que tu te mettes dans cet état. Vous avez juste discuté et il t’a filé son numéro de téléphone… Et alors ! Cette fille est morte ! Tu te rends compte que ça aurait pu être toi…

-Puf ! N’importe quoi ? Tu étais là…

-Tu crois que je suis ta nounou. Quand bien même je t’aurais vu partir avec ce type… j’aurais jamais pensé que tu étais en danger.

-Hé… c’est pas moi qui suis partie avec ce type ! Pourquoi tu hurles comme ça ! »

Je fixais à nouveau l’écran. Le présentateur était passé à autre chose. Lui ! Je respirai un grand coup et, baissant les yeux vers mon bol de café, je lâchai ce que j’avais sur le cœur.

« Est-ce que tu réalises ? Cette fille, on l’a croisée. J’ai vu son regard… Elle était bien vivante, encore hier soir ! Et ça me fait peur. Ce n’est plus une histoire que l’on suit aux infos. Mais ça devient trop réel, trop proche de nous. Tu comprends… »

Je fis glisser ma chaise pour me mettre à sa hauteur et, mes yeux scrutant les siens, j’ajoutai :

« Il y avait ce mec… si troublant et tellement canon, qui me fixait…

-Quand ça ? » Pauline s’était avancée sur sa chaise, l’air inquiète et suspendue à mes lèvres, comme fascinée.

« Je ne t’ai rien dit, tu étais trop absorbée par ton italien. Mais cet homme m’a ensorcelée. J’étais agacée au départ, j’ai même failli l’insulter ! mais tu es venue avant que je puisse lui demander ce qui n’allait pas avec ma tête… Et heureusement ! sinon, je ne sais pas où je serais à l’heure actuelle. Allongée dans un fossé, la gorge ouverte, comme cette fille ! Tu te rends compte à quoi ça tient, parfois… C’est dans ces moments-là qu’Alexandre me manque.

-Ben voyons ! Tu n’as pas tenu longtemps cette fois avant de prononcer son nom.

-En même temps, ce type m’a troublée à un tel point que je ne fais que penser à lui.

-Ton petit cœur bat pour qui, aujourd’hui ?

-Tu crois que c’est mal… de penser à un autre qu’Alex ?

-Tu n’as fait que le regarder. (Pauline sourit. Elle aurait été plus loin.) Et puis, Alex est ton premier amour. C’est normal que tu veuilles savoir comment ça se passe ailleurs ! »

Je relevai mes jambes, les ramenant vers moi pour caler mes pieds contre mes cuisses, et les entourai de mes bras, comme on serre un enfant. Ainsi recroquevillée sur moi-même, je me balançai d’avant en arrière. Les yeux baissés, je tentais de me réconforter mais je pensais encore à cet inconnu ! Et j’eus alors une désagréable impression. Hormis la culpabilité, j’entendis une voix étrange se manifester en moi : je me sentis subitement liée à ses deux hommes, attirée par eux comme par le destin. Quelque chose me poussait à revoir cet inconnu ! tout en m’alertant d’un danger imminent ! Je ne pouvais pas ignorer cet appel.

« Tu crois que c’est malsain si je cherche à le revoir ?

-Après tout ce que tu viens de me dire. Genre, t’as peur que ce soit un psychopathe mais tu veux d’en assurer !

-Oublie. » Je me levai et débarrassai la table de notre petit déjeuner.

23 août 2013

Chapitre 1 – 2ème partie

Classé sous R.J. Carré-Lapresad,ROMANS,VAMPIRES — carrelapresad @ 14 h 41 min

S’en était trop !

Je me dirigeai vers lui mais fus alpaguée par Pauline.

« Viens ! »

Elle me tira jusqu’aux toilettes, heurtant au passage une jeune fille qui en sortait.

« Tu me crois si je te dis que j’ai rencontré un type… trop mignon ! On a échangé nos numéros de portable… » Je n’écoutais plus, mes pensées étaient absorbées par le regard envoutant de cet inconnu ‘trop mignon’. Je me tournai vers mon amie et me mis à lui poser un tas de questions.

« Il ressemble à quoi, ton 06 ?

-Ben, je viens de te le dire… T’écoute pas… Tu me connais, j’adore les italiens : il est grand, brun, super bronzé… et il a un corps…

-Comme tout le monde !

-Arrête de me charrier. Il est trop sexy… Je meurs s’il ne m’appelle pas. » Elle joignit son index et son majeur, simulant un pistolet qu’elle se plaqua sur la tempe.

« Puf ! t’es vraiment excessive, toi ! 

-Quand j’aime, c’est passionnément. Pourquoi vivre à moitié ?

-Tu devrais te modérer.

-Peux pas ! Aaah… viens ! C’est ma chanson préférée qui passe. » Et elle m’entraîna sur la piste.

Un regard près du bar, devant lequel se trouvait l’inconnu de toute à l’heure. Mais il avait disparu. Seul l’italien qui l’accompagnait était maintenant assis sur une banquette, la tête de la jeune femme heurtée dans les toilettes l’instant d’avant, était enfouie dans le creux du cou de son partenaire. Une pression violente sur mon poignet : Pauline était crispée, la main sur mon avant-bras. Son visage passa de la surprise à la haine pure. Elle ouvrit la bouche et émit un son. Puis, elle me tira, avec rage, vers les vestiaires. Elle prit nos vestes, sortit son portable de sa poche et, une fois dehors, appela le taxi pour que celui-ci nous ramène chez nous. Je la questionnai du regard. Elle se détourna et tapota sur le clavier de son portable.

« Dis-moi ! Il se passe quoi ?

-Rien !

-Tu pleures.

-Non, je suis en colère. Après ce type et après moi-même. J’en ai marre d’être prise pour une cruche. »

Je compris alors que l’étalon brun qui se faisait embrassé sur la banquette, près du bar, était le type sur lequel avait flashé Pauline.

Dans le taxi du retour, ce fut au tour de mon amie d’être silencieuse. Je ne demandais pas mieux. Nous arrivâmes dans notre appartement huppé et partîmes nous coucher. 

22 août 2013

Chapitre 1 – 2ème partie

Classé sous R.J. Carré-Lapresad,ROMANS,VAMPIRES — carrelapresad @ 11 h 54 min

   C’était encore une de ces chaudes soirées de ce presque été. Une de ces nuits où, bien que l’air fût frais, l’on sentait les vagues de chaleur de la journée passée, accumulée par le bitume, ce qui annonçait un été torride.

Nous attendions sur le trottoir, le regard scrutant l’horizon où s’étiraient des rubans de nuages pourpres. Déjà quelques étoiles avaient percé le voile de la nuit de leur aiguille étincelante. J’aimais cette atmosphère : entre chien et loup, tout pouvait arriver ! Il faisait encore assez jour pour distinguer les ombres, mais assez noir pour se dissimuler aux regards des curieux. Je me sentais étrangement à l’aise dans cet univers aux demi-mesures.

Notre taxi approchait. Pauline me fit un coup de coude pour que je sorte de la rêverie dans laquelle je m’étais plongée en contemplant le ciel étoilé. Je montai à sa suite et restai silencieuse durant tout le trajet. Arrivées dans la boite de nuit, Pauline me lança un regard éloquent et lâcha :

« J’espère que tu seras de meilleure compagnie ! »

En boite, je ne m’amusai pas !

   Je m’étais attablée, avec une bouteille de soda et un verre de whisky, que je transvidai progressivement dans un second verre à moitié rempli de bulles, distillant doucement l’ivresse dans mes veines. J’observais les corps se mouvant sur la piste. Pauline se trémoussait langoureusement, attirant les regards masculins. Les silhouettes s’écartèrent et, entre les ombres et les lumières stroboscopiques, un visage apparut. Un homme me regardait fixement, immobile parmi les danseurs frénétiques.

    Etait-ce l’effet de l’alcool ou avais-je rêvé ?

Une autre brèche entre les danseurs… Le regard bleu intense était toujours posé sur moi et ne cillait pas. Je fus un peu troublée et baissai les yeux. Pourquoi me fixait-il ainsi ? Je dus rougir car je sentis que mes oreilles et mes joues étaient en feu. Je lui plaisais à ce point. Pourquoi ne m’abordait-il pas plutôt que de me fixer comme ça ? C’là devenait gênant. Je décidai d’en avoir le cœur net ! Je me levai et me dirigeai vers lui, mais vis qu’il fut rejoint par un couple, un gars brun typé italien et une super fille gainée dans une robe à paillettes – on ne pouvait pas la manquer, celle-là ! – faisant ressortir son bronzage artificiel. Elle se pendit au cou de l’inconnu au regard bleu océan et enroula sa jambe autour des cuisses masculines. Il agrippa une poignée des cheveux blonds et embrassa la nuque offerte, tout en continuant de me fixer.

Chapitre 1 - 2ème partie dans R.J. Carré-Lapresad images-2

21 août 2013

Tome 2 – Les Amants du Crépuscule – Chapitre 1

Classé sous R.J. Carré-Lapresad,ROMANS,VAMPIRES — carrelapresad @ 11 h 46 min

Apparition 

Chapitre 1

Et voilà !

Je me retrouvais à nouveau seule. Mais là, c’était moi qui avais mis fin à notre relation ! La peur de l’abandon avait repris le dessus. J’étais toujours celle qui quitter l’autre, par peur d’être laissée la première. Rompre avant d’être rejetée ! Pour éviter la douleur de la séparation.

J’avais trop souffert de la disparition de ma mère !

Je m’étais longtemps interdit d’aimer. Et puis, il y avait eu Alexandre. Il avait su me mettre en confiance, me valoriser. Seulement, cette peur était toujours là, latente dans mon inconscient ! Alors, pour une raison ou pour une autre, je baissais les bras, renonçais à me battre et me résignais à le quitter. Avant qu’il ne le fasse ! Car il m’aurait trouvé trop insignifiante, pas assez belle, ou qu’il aurait trouvé mieux… que sais-je encore ? Mieux…

« Il y aurait toujours mieux » m’avait-il dit. « Mais, des spéciales, comme toi ! Il n’y en a qu’une… Et c’est moi qui sors avec cette fille-là ! »

Il avait le don de m’exaspérer.

Ce fut pour cette ultime raison que je l’avais quitté. Encore une fois !

Pauline décida de me changer les idées… Elle avait désormais l’habitude de mes sautes d’humeur et elle entreprit de me faire sortir en boite ! Pas une mince affaire ! Car, depuis que je sortais avec Alexandre, je n’y étais jamais retournée… Au grand désespoir de ma colocataire célibataire, je ne mis aucun entrain.

« Bon sang, tu as quelle âge pour rechigner comme tu le fais !

-Qui va s’occuper d’Elvis ? » Je regardai le chien de Pauline, petit chihuahua qui la suivait partout, mais qu’elle sortait rarement, le laissant sortir dans la petite cour de notre charmant trois pièces que nous occupions, moi, grâce à elle. Car je n’aurais jamais pu prétendre à un tel appartement, en rez-de-cour, dans ce quartier !

« Ne prends pas ce chien en otage de ta bêtise ! Et tu feras quoi de plus que te lamenter sur ton sort, comme la dernière fois ?

-Très sérieusement, Pauline ! Tu fais quoi du couvre-feu ?

-Tu veux parler des disparitions…

-Des jeunes… qui ont disparus.

-Tu exagères ! Ils ont juste recommandé de rester prudents !

-Pauline ! Ils ne pouvaient pas annoncer qu’il fallait rester cloitrer chez soi. Pas en mai, avec l’approche de l’été… C’la aurait effrayé les touristes étrangers.  »

Pauline soupira, résignée, puis ne s’avouant pas vaincue, elle leva les yeux vers moi et reprit :

« On prend un taxi. Il nous dépose et vient nous rechercher ensuite.

-Tu veux vraiment sortir !

-Ça te fera du bien.

-Moui… j’en doute ! »

Nous nous préparâmes, moi sans aucune conviction, me maquillant très peu et m’habillant d’une paire de jeans et d’un débardeur gris. Pauline était déjà drapée de sa robe vert d’eau, un peu courte. Elle allait enfiler ses chaussures à talons démesurés à semelles rouges, quand elle se tourna vers moi et hocha la tête en signe de réprobation.

« Si j’avais ta silhouette, je m’exhiberais en mettant de la couleur. Regarde cette tristesse ! » Elle se hissa sur la pointe des pieds pour atteindre le haut de mon armoire et fouilla pour y dénicher un haut sexy, hyper moulant et trop voyant. Je le passais sur moi, sans enthousiasme, et lui fit un sourire crispé.

Pauline me choisit des chaussures à talons compensés. Puis, elle m’entraina dans la salle de bain. Elle sortit sa pochette rose bonbon, qui contenait son maquillage, et me fit assoir sur le rebord de la baignoire. Un peu de fond de teint, un soupçon de poudre matifiante, un peu de blush ; elle ourla mes lèvres de gloss, puis sur les yeux, de l’ombre à paupière brun, un trait de khôl au-dessus des cils qu’elle estompa avec l’embout mousse de son pinceau, et pour finir, du mascara. Je ne m’étais encore jamais autant maquillée de ma vie. Je me levais et restai figée devant le miroir… J’étais hyper sexy ! C’était troublant !

Pauline s’aperçut de mon admiration :

            « Alors, qu’est-ce que je te disais ? De la couleur ! ça change de tes t-shirts sombres.

            -Oui, j’avoue. »

            Pauline peaufina son maquillage : du rouge sur ses lèvres pulpeuses, un coup de brosse sur ses boucles auburn. Elle tourna sur elle-même pour que je l’admire. Nous étions prêtes, elle plus que moi ! Alors, nous sortîmes pour attendre le taxi que mon amie venait d’appeler.

Stats de la journée du 20 août…

Classé sous R.J. Carré-Lapresad — carrelapresad @ 9 h 20 min

Stats de la journée du 20 août...  dans R.J. Carré-Lapresad stats2-300x240

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