Imagine ère

30 août 2013

Chapitre 3 – 4ème partie

Classé sous R.J. Carré-Lapresad,ROMANS — carrelapresad @ 12 h 05 min

Quelques minutes plus tard, dans la salle de réunion :

« Alors, où en êtes-vous avec le corps ? » Bellay désigna une chaise sur laquelle Joséphine s’assit.

« Eh bien, j’ai terminé mon autopsie. Ce que je peux en dire… c’est qu’il n’a rien à voir avec le corps que l’on a retrouvé dernièrement ! Il y a des similitudes, mais légères. Les deux victimes ont été retrouvées exsangues, certes. Mais, pour la première, pas de signe d’agression, contrairement à la seconde victime qui porte un gros hématome au niveau du crâne. Ce qui lui a été fatal ! J’attends les résultats des analyses toxicologiques pour savoir si on a drogué la première victime. Mais pour la seconde, je pense qu’il n’a pas eu besoin. Ensuite, je peux affirmer que le corps a été déplacé… et qu’une incision a été faite au niveau de la veine jugulaire ; c’est probablement par là qu’il a ponctionné le sang.

-Il aurait pu faire ça dans un endroit spécial… (Le lieutenant Victor Seth prenait des notes, levant de temps à autre les yeux de son calepin pour partager ses réflexions souvent très justes.)

            -Ou dans un véhicule adapté. L’appareillage est conséquent mais dans un fourgon, c’est possible avec un drain et un pompe centrifugeuse.

            -Il fait du bruit, cet appareil ?

            -Oui, un peu.

            -Autre chose ? (Bellay avait le visage fermé, comme à son habitude lorsqu’il dirigeait une enquête. Voyant que Joséphine en avait terminé, il tourna son regard vers sa nouvelle recrue : Vanessa Castela.)

-Oui… Concernant les deux victimes : rien ne correspond ! Et en ce qui concerne les disparitions, non plus. Il semblerait que ce soit aléatoire. Comme sous l’emprise d’une violente impulsion. Pourtant, le profil de notre assassin serait plus méthodique, rigoureux dans sa pratique.

-Je confirme… Les incisions faites sont nettes et précises.

-Alors, pourquoi avoir abandonné ce cadavre ?

-Je ne dirais pas ‘abandonner’ mais mis en scène. Comme s’il voulait jouer avec nous, nous signaler qu’il était passé à l’étape supérieure de sa démarche, quelle qu’elle soit ! Et concernant la carte, Simon ?

-Une éclipse… Seulement, je n’ai rien d’autre. Aucune secte, religion, ni revendication !

- Ce dessin n’est pas là par hasard. Quel message feriez-vous passer à travers cette éclipse ? (Bellay avança au bord de son fauteuil, les coudes sur son bureau.)

-La Fin du jour, et je n’ai pas dit du Monde. (Simon ajusta ses lunettes qui glissaient sur les arêtes de son nez.)

-La mort… (Bellay se tourna vers Joséphine et acquiesça. Simon, quant à lui, ne put détourner son regard. Joséphine lui sourit, un peu gênée, et poursuivit. Avec son nez droit et fin, son visage étroit et son sourire parfait, il aurait pu être l’homme idéal selon Joséphine. Mais elle n’aimait pas les intellos fondus de technologie. Et Simon était un spécialiste en électronique fondu de Joséphine.) Une punition intime, vue le contexte – la mort par arme blanche, dans le creux du cou, comme un dernier baiser. Ça se veut intime, presque sexuel.

-Des pulsions sexuelles ? Oui… ça se tient. De même que la mise en scène. » Bellay se leva, bientôt suivis par les membres de son équipe. « Bon, Victor… voyez si vous ne trouvez pas des traces de pneus. Simon, cherchez les vols de matériels médicaux dans les hôpitaux, les morgues, les hospices… »

Puis, une fois la porte de son bureau fermée, Bellay murmura pour lui-même : « Moi, je vais affiner le profil de notre cinglé ! »

Chapitre 3 - 4ème partie dans R.J. Carré-Lapresad 220px-criminal-minds.svg_

29 août 2013

Chapitre 3 – 3ème partie

Classé sous R.J. Carré-Lapresad,ROMANS — carrelapresad @ 11 h 54 min

Elle remit des gants propres et tâta l’abdomen : il était gonflé mais pas encore vert… Elle prit un scalpel sur le chariot en inox et commença son incision sous le creux du plexus. Elle fit glisser son instrument sur la peau vers l’estomac d’où s’échappèrent les gaz produits par la flore microbienne et les bactéries de la putréfaction. Elle écarta la peau, prit une pince costotome pour ouvrir le thorax qu’elle déposa sur un autre chariot, et examina les poumons… Tout lui semblait normal. Elle prit délicatement l’estomac à pleine mains, le pesa et examina son contenu. Après s’être fait craquer les vertèbres cervicales dans un mouvement de rotation, elle fit quelques prélèvements en vue d’analyses toxicologiques. « Bon, il est temps de faire ce rapport écrit… » On venait de la biper. « Il est synchro, Bellay ! »

Elle sourit pour elle-même et retira gants et blouse.

 

Chapitre 3 – 2ème partie

Classé sous R.J. Carré-Lapresad,ROMANS — carrelapresad @ 11 h 53 min

            « Bon ! Voyons ce que tu as à m’apprendre sur toi, ma belle ! »

            Le médecin-légiste fit glisser ses doigts sur le corps nu à la peau grisâtre. Elle tira vers elle la lampe sialytique, ajusta ses lunettes et enclencha le magnétophone :

            « Femme de race blanche, 1 mètre 60 environ, 76 kilos… cause du décès : perte conséquente de sang… Le corps n’a pas encore dépassé le stade de la rigidité cadavérique… On peut aisément voir des ecchymoses sur les poignets et les genoux… (Elle examina le flanc droit du cadavre.) La peau est bleutée au niveau du haut de la cuisse. Ce qui coïncide avec les marques sur les genoux : elles sont dues à une chute brutale. On l’a prise par surprise ! (Un regard sous les aisselles et au creux des genoux.) On l’a déplacée. (Ses doigts remontèrent vers la plaie.) Aucune trace de sang autour de la plaie qui a été faite avec un objet tranchant. L’incision est nette et précise : le genre d’incision faite par un scalpel… » Joséphine se redressa et étendit ses bras en arrière pour étirer ses épaules. Quelque chose clochait. Elle n’aimait pas cela. « La blessure à la gorge a été faite post-mortem. » Elle tira la lampe et la plaça au-dessus de la tête du corps inerte. Penchée sur le crâne, elle fouillait dans les cheveux. « Bien vu ! » Sous ses doigts, le cuir chevelu était maculé de sang séché, l’os du crâne semblait enfoncé. Joséphine prit un scalpel, puis commença par inciser le cuir chevelu et finit par l’ouvrir comme un livre, laissant les deux parties retomber de chaque côté des oreilles. Elle se pencha au-dessus du crâne. Sur ses lèvres, une petite grimace de satisfaction : son diagnostic était le bon. Elle prit ensuite une petite scie circulaire, qu’elle mit en route : elle détestait ce bruit d’outillage ! Dans un geste précis, elle entama la boite crânienne qu’elle ouvrit entièrement. Délicatement, elle désolidarisa les deux morceaux du crâne. Il y eut un petit bruit de succion auquel elle ne prêta pas attention. Elle observa la calotte osseuse et continua son rapport : « Je constate une fracture avec enfoncement au niveau de l’os pariétal, ce qui a engendré un hématome épidural avec accumulation de sang entre l’os du crâne et la dure-mère… Le cerveau est sacrément amoché ! (Elle s’éclaircit la gorge.) Pardon…Le coup sur la tête lui a été fatal. » Elle devait procéder ensuite à l’analyse du contenu de l’estomac, afin de reconstituer les derniers moments de sa vie. Mais avant… Elle retira ses gants, prit un petit bocal blanc qu’elle ouvrit, y plongea son index et en sortit une substance blanche et brillante qu’elle appliqua consciencieusement sous la base du nez. L’odeur de la mort… Son cerveau en frissonnait encore ! Elle avait été surprise de la facilité avec laquelle elle avait abordé ses premiers cadavres, mais l’odeur de la mort… Les brulés, les noyés… chaque cadavre avait sa propre odeur : une odeur de pourriture, de moisissure… Et lorsqu’il fallait ouvrir leur estomac, percer ce sac putride de viande décomposée : l’abdomen en putréfaction ! Aucun mot ne pouvait décrire ce que Joséphine avait ressenti. Deux heures après sa première autopsie sur un noyé, elle en vomissait encore ! L’odeur de décomposition était restée accrochée à elle, sur ses cheveux, sa peau… Pire ! dans les fibres de son nez, ses synapses, imprimée dans son cerveau… 

28 août 2013

Chapitre 3

Classé sous R.J. Carré-Lapresad,ROMANS,SORCIERES — carrelapresad @ 11 h 03 min

Chapitre 3  dans R.J. Carré-Lapresad eclipse-lunaire-3

Extrait d’un article du Journal paru le 20 mai

 

Le corps d’une jeune femme a été retrouvé dans une ruelle. Peut-il s’agir d’un meurtre rituel ? Tout porte à le croire : la mise en scène du cadavre et cette carte étrange près du corps inerte.

Est-ce l’étape suivante à ces disparitions encore non-élucidées ? […] 

 

 

            Il faisait froid dans cette pièce malgré la chaleur qui régnait à l’extérieur. Etait-ce le blanc du carrelage aux murs ou la proximité de la chambre froide ?

De toute manière, Joséphine avait toujours froid quand elle entrait dans ce lieu. Pourtant, elle l’aimait, ce lieu lugubre et glacial. Même si d’autres le trouvaient bizarre. En tout cas, les gens avec qui elle travaillait ne se plaignaient jamais… Et c’était plutôt normal ! puisqu’elle était médecin-légiste !

            Plus d’un de ses ex (enfin si on pouvait appeler ainsi les hommes qui passent) se moquaient de son boulot, et plus d’un l’avaient certainement fréquentée pour savoir si elle était aussi froide que les cadavres qu’elle autopsiait !

Elle aurait pu quitter son métier pour un de ces charlots, mais pas un n’était assez bien pour cela. Car c’était vrai, elle aimait son métier.

Elle aurait pu choisir une autre voie, royale, celle de la chirurgie, mais durant ses années de fac, elle s’était prise à avoir peur… peur de l’erreur médicale, peur de voir mourir ses patients sous ses doigts. Alors elle était devenue médecin-légiste ; et elle y excellait !

Elle adorait découvrir des indices cruciaux et être à l’origine de certaines investigations…

            Joséphine se pencha sur le cadavre d’une jeune femme allongée sur la table d’autopsie. Elle approcha son chariot sur lequel elle avait disposé ses ustensiles et enfila ses gants en latex. 

 

 

 

 

 

Chapitre 2 – dernière partie

Classé sous R.J. Carré-Lapresad,ROMANS — carrelapresad @ 10 h 58 min

Aussitôt que nous eûmes quittées l’amphithéâtre, nous nous précipitâmes vers le panneau d’affichage. Les stages pratiques débutaient en fin de semaine. Nous étions pressées de savoir si notre demande avait été validée et quel était le sujet que l’on nous avait proposé de traiter durant ce stage.

Je scrutai le tableau et suivis des yeux la ligne où apparaissait mon nom. Le sujet que je devais rendre après mon stage : ‘MIDI ou MINUIT, montrer l’activité d’un lieu en quelques clichés’. J’étais ravie… J’avais déjà le lieu et l’heure… Je souris à Pauline qui me rétorqua :

« Pourquoi as-tu choisi un journal papier ? Tu sais qu’ils sont tous au bord du gouffre. Les gens ne lisent plus les journaux comme avant, tout se fait sur internet, ma belle !

-Je ne crois pas ! Avec les évènements de ces derniers jours, je pense plutôt que les journaux papiers se vendent bien… Et puis, ils ont un journal virtuel également. De toute façon, j’y retrouve une amie… C’est elle qui m’a proposée de m’accueillir comme stagiaire, je ne pouvais pas refuser ! »

Chapitre 2 – 3ème partie

Classé sous R.J. Carré-Lapresad,ROMANS,SORCIERES — carrelapresad @ 10 h 51 min

Ce fut lors d’une autre séance de ce genre que Fanny prit peur, se découvrant de véritables facultés. Elle prit alors conscience que tout cela n’était pas un jeu !

Durant cette séance de spiritisme, le temps était électrique. L’orage grondait dehors, créant des arcs bleutés dans un ciel noir. Elles étaient toutes assises en rond autour de la table, sur laquelle était disposée la planche, et chacune d’entre elles avaient posé un doigt sur le verre. Mais rien ne se passa comme elles en avaient l’habitude. La lumière de la petite lampe de chevet qui leur servait d’éclairage venait de sauter. Elles étaient à présent dans le noir ! Agathe alluma alors une bougie. Mais elle avait brisé le cercle purificateur et protecteur dessiné par Fanny, quelques minutes plus tôt, avant de commencer la séance. Il y eut un souffle violent à l’extérieur, celui-ci s’engouffra dans la pièce, soufflant la flamme fragile de la bougie. Puis, il y eut un cri ! Les filles s’affolèrent, cherchant à se réconforter en se regroupant l’une près de l’autre. Des gestes brusques dans ce noir absolu… et soudain un bruit cristallin se répandit dans la chambre.

            « Non ! » C’était la voix de Fanny. Elle savait, pour l’avoir lu sur le net, que le verre était la prison de l’âme qu’elles avaient appelée. Les liens qui le reliaient au monde des morts venaient d’être brisés !

Une autre voix s’éleva, désincarnée, effrayante. Quand la lumière se ralluma par intermittence. La bouche de Fanny s’était ouverte… Agathe pointa son doigt vers elle, les yeux écarquillés. Toutes se retournèrent vers Fanny. Et de sa gorge sortit un son étrange et guttural. Ce n’était plus la voix de la jeune fille ; d’ailleurs, elle ne ressemblait plus à la jeune fille que ses camarades côtoyée. Le visage torturé, la mâchoire inférieure pendante dans un angle étrange. Les hanches déboitées, rendant sa démarche aléatoire…

Les jeunes filles s’étaient toutes sauvées, laissant Fanny seule avec cet esprit.

Elle était devenue une paria, LA fille à éviter. Elle faisait désormais peur.

            Au lycée, plus personne ne lui adressait la parole. Elle se retrouvait toute seule dans la salle de classe, seule assise à la cantine face à son assiette. Ce fut à ce moment-là qu’elle devint étrange aux yeux de ses camarades : s’habillant de noir, les yeux dans le vide, à l’écart des autres, se parlant à elle-même… Enfin, c’était ce qu’ils croyaient… car ce fut l’époque où elle commença à voir certaines choses qui en auraient effrayés plus d’un… Cette brève séance de spiritisme avait ouvert une brèche… dans laquelle certaines âmes s’étaient engouffrées, pour se présenter à elle. C’est ainsi que Fanny commença à voir les morts.

            Certes, certaines jeunes âmes erraient autour des membres de leur famille, sans en avoir conscience. Fanny voyait alors des ombres bleutées flottées au-dessus des vivants.

Mais les phénomènes qu’elle avait remarqués chez Céleste étaient tout autre. Cette fille était particulière, elle ne pouvait pas l’ignorer !

 

27 août 2013

Chapitre 2 – 2ème partie

Classé sous R.J. Carré-Lapresad,ROMANS,SORCIERES — carrelapresad @ 12 h 36 min

Fanny s’empressa d’aller développer sa pellicule. Elle avait utilisé toutes sortes d’appareil dernièrement. Et toujours le même résultat ! Elle en avait déduit que cela ne pouvait pas venir de ses appareils photo, comme elle l’avait pensé, mais de son modèle.

Elle avait pris Céleste avec un argentique, plus long à développer mais c’était son préféré. Elle adorait le rendu qu’il offrait ! Et puis, le temps passé dans la chambre noire, à tremper de bacs en bacs ses clichés… c’était un moment sacré, loin de tout et de tous… Elle savait ce qu’on disait d’elle : qu’elle était bizarre.

            C’était vrai, elle se sentait différente !

            Mais Céleste semblait, à ses yeux, l’être tout autant : elle en voulait pour preuve ce halo autour de la jeune femme. Au départ, elle avait pensé qu’il s’agissait d’un défaut de sa pellicule. Elle avait donc changé d’appareil, mais sur son numérique, le même phénomène au-dessus de sa camarade, uniquement sur les clichés qu’elle prenait de Céleste ! Et au fil des mois, ce halo, d’abord tache imperceptible au-dessus de la tête, s’était transformé en voile translucide de couleur bleu autour d’elle.

Elle était fascinée !

            Fanny était attirée par la magie… les phénomènes surnaturels. C’était pour cela qu’elle avait adoré la série Charmed. Et comme toutes les jeunes filles de sa classe, elles avaient voulu essayer certains tours. C’était devenu un rendez-vous obligatoire : elles étaient, chacune devant leur téléviseur, captivées par les aventures des trois sœurs. Fanny, quant à elle, regardait la série avec attention, griffonnant sur son carnet les incantations qu’utilisaient les sorcières Halliwell. Elle les répertoriait, puis les essayait. Elle avait d’abord commencé par les sorts simples et les sortilèges de protection, pour ensuite inventer ses propres ensorcellements : elle était devenue une experte en rimes.

Puis, elle avait essayé les cartes. C’était amusant ! Lors des séances, ses amies lui posaient des questions et elle y répondait, se concentrant sur les petits cartons de couleurs, et les figures lui parlaient, des images venaient se soustraire aux cartes qui étaient devenues de simples supports à sa divination. Elle se trompait rarement. Et ses amies étaient maintenant nombreuses à vouloir connaitre leur avenir : obtiendraient-elles leur diplôme ? ce jeune homme rencontré quelques semaines plus tôt était-il fait pour Agathe ? Allaient-elles obtenir ce job tant convoité ?

            Adolescente, elles avaient tenté autre chose. Comme une étape dans leurs expériences. Elles avaient fabriqué une planche de OUI-JA dans une feuille cartonnée et, se servant d’un verre comme guide, elles y étaient allées de leurs questions. Classiques… Esprit ? es-tu là ? Auxquelles, elles eurent évidemment une réponse.

Ce fut lors d’une autre séance de ce genre que Fanny prit peur, se découvrant de véritables facultés. Elle prit alors conscience que tout cela n’était pas un jeu ! 

Chapitre 2 - 2ème partie dans R.J. Carré-Lapresad ouija_6-300x201

24 août 2013

Chapitre 2

Classé sous R.J. Carré-Lapresad,ROMANS,SORCIERES — carrelapresad @ 22 h 04 min

 

 

            Nous entrâmes dans l’amphithéâtre circulaire bordé de marches au bas desquelles se trouvait le bureau du conférencier, tout petit de là où je me trouvais. Nous nous installâmes, comme à notre habitude, sur les strapontins près de la sortie. La salle était presque vide, les étudiants entraient par groupe de trois ou quatre personnes, qui s’installaient çà et là, emplissant doucement la pièce. Le brouhaha commençait à s’amplifier à mesure que l’amphithéâtre se remplissait.

Je vis passer Alexandre. Le cours d’anglais était le seul cours magistral que nous avions en commun. J’étais en première année Photographie (j’avais dans l’idée de devenir photographe de reportage) et Alexandre en seconde année d’Arts appliqués, architecture. Je le suivis du regard et mon cœur se mit à tambouriner dans ma poitrine. Ses cheveux châtains négligemment peignés en arrière, ses yeux noisette… Il sourit et son visage s’éclaira. Mais ce sourire ne m’était pas adressé. Je tournai la tête : il rejoignit un petit groupe de sa classe parmi lequel se trouvait Elodie. Je détestais cette fille ! Elle avait certainement profité de la situation pour sauter sur Alexandre. Elle n’avait pas attendu longtemps, lui non plus d’ailleurs ! Il n’était célibataire que depuis une semaine, à peine ! Il avança vers elle, s’assit près d’elle et lui fit la bise. Bon ! tant qu’il ne l’embrassait pas sur les lèvres… Surtout pas devant moi !

            « Regarde ! » Pauline me bouscula avec un coup de coude dans les côtes. « Cette folle de Fanny nous prends encore en photo ! »

            En effet. Je voyais le zoom de son appareil braqué sur nous. Il y eut un flash puis un second. Pauline sourit à l’objectif, une main autour de ma taille m’attirant à elle. Nous étions repérées ! Fanny baissa son appareil, fit mine de rectifier son objectif, quand le professeur arriva, fermant la lourde porte sur le monde et le bruit extérieur. Le calme se fit progressivement dans l’amphithéâtre. Le cours pouvait commencer.

Chapitre 1 – 4ème partie

Classé sous R.J. Carré-Lapresad,ROMANS,SORCIERES,VAMPIRES — carrelapresad @ 22 h 02 min

 

Je passai le reste de ma journée à réviser, enfin à essayer de réviser, pour les partiels qui approchaient. Penchée sur mes cours, je parcourais les pages que j’avais noircies sans comprendre ce que je lisais. Mes pensées étaient absorbées par cet inconnu : ses biceps saillants moulés dans sa chemise couleur crème, ses cheveux bruns, ses yeux bleus profonds, ses traits parfaits, son visage aux mâchoires carrées et… cette peau de porcelaine.

Je n’en revenais pas ! J’avais gardé en mémoire tant de détails qu’en fermant les yeux je pouvais reconstituer sa silhouette. Pourtant, je ne l’avais vu que durant 5 ou 7 minutes. C’était comme si je le connaissais depuis toujours. Ses traits étaient gravés sur ma rétine.

            Je refermai mes cahiers. Décidément, je n’arriverais à rien !

Je me tournai vers Pauline : elle était en train de parfaire son bronzage. Dehors, le ciel était bleu azur, aucun nuage ne le venait perturber ; le soleil tapait fort entre les quatre murs dépourvus de verdure, que constituaient notre terrasse. Mais, j’avoue que l’atmosphère qui y régnait était attrayante. Je décidai donc de quitter mes livres et cahiers et de rejoindre Pauline sur le second transat.

 

Chapitre 1 – 3ème partie

Classé sous R.J. Carré-Lapresad,ROMANS,VAMPIRES — carrelapresad @ 12 h 01 min

 

Au réveil, l’ambiance du matin – au plutôt du midi, car la journée était déjà avancée – était morose. Pauline mit la télévision pour rendre le silence plus supportable, car elle avait décidé de faire encore la tête. Le journal de 13h00 commençait à peine : un visage apparut, souriant. Puis, le journaliste continua d’un air grave. Je m’arrêtai devant l’écran, la main en suspens devant ma bouche. Pauline se tourna vers moi.

« Que ce passe-t-il ? Tu vas bien ?

-Je… » Je me tournai vers mon amie. « Son visage ne te dis rien ? » Voyant son regard interrogateur, je poursuivis. « Hier… en boite… c’est la fille que nous avons bousculée dans les toilettes… Celle qui était dans les bras de ton italien !

-Ne me parle plus de lui… » Elle se tourna, fâchée.

« Il t’a fait quoi pour que tu te mettes dans cet état. Vous avez juste discuté et il t’a filé son numéro de téléphone… Et alors ! Cette fille est morte ! Tu te rends compte que ça aurait pu être toi…

-Puf ! N’importe quoi ? Tu étais là…

-Tu crois que je suis ta nounou. Quand bien même je t’aurais vu partir avec ce type… j’aurais jamais pensé que tu étais en danger.

-Hé… c’est pas moi qui suis partie avec ce type ! Pourquoi tu hurles comme ça ! »

Je fixais à nouveau l’écran. Le présentateur était passé à autre chose. Lui ! Je respirai un grand coup et, baissant les yeux vers mon bol de café, je lâchai ce que j’avais sur le cœur.

« Est-ce que tu réalises ? Cette fille, on l’a croisée. J’ai vu son regard… Elle était bien vivante, encore hier soir ! Et ça me fait peur. Ce n’est plus une histoire que l’on suit aux infos. Mais ça devient trop réel, trop proche de nous. Tu comprends… »

Je fis glisser ma chaise pour me mettre à sa hauteur et, mes yeux scrutant les siens, j’ajoutai :

« Il y avait ce mec… si troublant et tellement canon, qui me fixait…

-Quand ça ? » Pauline s’était avancée sur sa chaise, l’air inquiète et suspendue à mes lèvres, comme fascinée.

« Je ne t’ai rien dit, tu étais trop absorbée par ton italien. Mais cet homme m’a ensorcelée. J’étais agacée au départ, j’ai même failli l’insulter ! mais tu es venue avant que je puisse lui demander ce qui n’allait pas avec ma tête… Et heureusement ! sinon, je ne sais pas où je serais à l’heure actuelle. Allongée dans un fossé, la gorge ouverte, comme cette fille ! Tu te rends compte à quoi ça tient, parfois… C’est dans ces moments-là qu’Alexandre me manque.

-Ben voyons ! Tu n’as pas tenu longtemps cette fois avant de prononcer son nom.

-En même temps, ce type m’a troublée à un tel point que je ne fais que penser à lui.

-Ton petit cœur bat pour qui, aujourd’hui ?

-Tu crois que c’est mal… de penser à un autre qu’Alex ?

-Tu n’as fait que le regarder. (Pauline sourit. Elle aurait été plus loin.) Et puis, Alex est ton premier amour. C’est normal que tu veuilles savoir comment ça se passe ailleurs ! »

Je relevai mes jambes, les ramenant vers moi pour caler mes pieds contre mes cuisses, et les entourai de mes bras, comme on serre un enfant. Ainsi recroquevillée sur moi-même, je me balançai d’avant en arrière. Les yeux baissés, je tentais de me réconforter mais je pensais encore à cet inconnu ! Et j’eus alors une désagréable impression. Hormis la culpabilité, j’entendis une voix étrange se manifester en moi : je me sentis subitement liée à ses deux hommes, attirée par eux comme par le destin. Quelque chose me poussait à revoir cet inconnu ! tout en m’alertant d’un danger imminent ! Je ne pouvais pas ignorer cet appel.

« Tu crois que c’est malsain si je cherche à le revoir ?

-Après tout ce que tu viens de me dire. Genre, t’as peur que ce soit un psychopathe mais tu veux d’en assurer !

-Oublie. » Je me levai et débarrassai la table de notre petit déjeuner.

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