Imagine ère

24 mars 2013

Fantômes et Sorcellerie !!! Les Ombres – 4 ème partie

Classé sous FANTÔMES,R.J. Carré-Lapresad,SORCIERES — carrelapresad @ 22 h 00 min

Chapitre 6 – dernière partie

 

            Elle débarrasse la table. Une main posée sur le plan de travail, elle était fatiguée. Son cerveau bourdonnait. Ses mains étaient parcourues de fourmillement et se crispaient. Elle soupira.

            « Nicolas… (Elle s’approcha de son mari et l’enlaça.) Je monte me coucher.

            -Mais, il n’est même pas 20 h 00 !

            -Je sais mais… je suis exténuée.

            -Bien… (Il lui caressa la joie.) Alors, bonne nuit, ma Chérie. » Qu’aurait-il pu lui dire d’autre ?

 

            « Maman… »

 

Elle se réveilla subitement. Un bruit ! Sa main chercha Nicolas qui remua dans son sommeil, comme si elle voulait se rassurer par sa présence. Il était à côté d’elle, tout était calme, tout semblait normal. Elle ne savait maintenant plus si elle avait rêvé ce bruit.

 

            Tout était noir.

Si noir ! Rien ne lui permettait de savoir où elle se trouvait ni de pouvoir s’orienter. Elle n’osait plus bouger. Une légère brise sur ses bras nus. Elle frémit. Sa respiration devint haletante ; son cœur bondit dans sa poitrine. Elle avait peur. Où était-elle ?

Elle tendit les mains devant elle. Ses doigts ne rencontraient aucun obstacle. Le néant autour d’elle. La panique commençait à l’envahir. Son cerveau bourdonna, ses mains tremblèrent. Un frisson venait de la parcourir.

Elle voulait appeler à l’aide mais elle avait peur que son cri ne résonne comme un hurlement à ses oreilles.

Elle gémit. Sa plainte retomba tel du verre brisé à ses pieds. Sophie trembla. Elle entoura ses bras de ses mains.

Une lueur au loin apparut, soudain.

Elle n’y voyait pour autant pas plus clair autour d’elle mais distinguait néanmoins le chemin à prendre. Elle parvenait tout juste à discerner des formes sombres dans cette obscurité. Des murs de briques : ce qui lui semblait être dans une cave. Elle avança doucement, les mains devant elle.

            Il lui semblait être dans un tunnel. Etait-elle morte ? La jeune femme s’arrêta net. Pourtant, elle se sentait en vie, sa peau était réceptive aux sensations, son souffle, son cœur … elle était consciente…

Il faisait sombre. La lumière à l’horizon était réconfortante !

Elle avança : la lumière faisait comme une arcade incandescente soutenant les pierres de sa voûte lumineuse. La lueur était pénétrante. Vacillante. Semblable à la flamme d’une bougie. Presque ensorcelante. Elle ne se rendit compte qu’elle courait vers la lumière que lorsque le halo l’inonda. Le cœur cognant sa poitrine, elle s’arrêta net : devait-elle franchir le seuil lumineux qui la séparait de la source vibrante, halo orangé et palpitant ?

Elle aurait voulu fuir, faire demi-tour et courir. Seulement, elle n’y parvint pas ; la lumière s’infiltrait en elle, s’insinuant dans les synapses de son cerveau. Tel un pantin, elle ne put qu’avancer. La lumière l’envoutait. Elle emplissait l’espace, engloutissait les ombres, l’obscurité. Sophie aurait même dit qu’elle avait une vie propre, un cœur battant à ses oreilles. Pour autant, la jeune femme n’était pas rassurée.

Elle avança finalement, une main tremblante sur la paroi humide. Que se cachait-il derrière ce virage ?

Après quelques pas hésitants, elle tourna et se retrouva dans une salle voûtée où se tenait, lui tournant le dos, un homme. L’homme se tenait debout devant quelque chose. Sophie ne parvenait pas à distinguer son visage. Ni ce qu’il regardait.

Quand il se retourna.

Dans sa blouse blanche, l’être lui dévoila un corps squelettique. Il la fixait de ses orbites vides ; mais Sophie était attirée par son sourire carnassier. L’absence de lèvres révélait des mâchoires osseuses et luisantes à la lueur étrange d’une lumière venue de nulle part.

De la matière grouillante courait le long de son squelette, semblant régénérer son corps. Progressivement, des lambeaux de chair sanguinolente et de muscles s’amoncelaient pour reconstruire son corps inachevé.

            Sa mâchoire s’ouvrit, étirant ses tendons visibles en un sourire macabre. Il s’écarta pour laisser place à un spectacle répugnant.
            Sophie découvrit avec horreur un amas de bras et de jambes, de corps enchevêtrés d’où émanait une odeur nauséabonde. L’effluve parvint à ses narines, mélange de pourriture et de brûler, et sentit un liquide âcre montait entre ses lèvres.

            L’homme inachevé pointa son doigt vers elle…

 

            Sophie se redressa.

La pénombre rouge qu’éclairait son radioréveil l’enveloppait, bienveillante. Pourtant, elle n’arrivait pas à s’apaiser. Ses mains tremblaient ; étrangement, elle avait le souffle court. Elle sanglota. Autour d’elle, flottait encore l’odeur écœurante des corps carbonisés.

Une volute âcre lui tourna dans l’estomac. Une main sur ses lèvres, elle réprima son hoquet. Les yeux fermés, elle tenta de se calmer. Elle regarda enfin autour elle. Ses doigts effleurèrent Nicolas qui se tourna vers elle et l’enlaça.

 

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